Huile d’olive de Tunisie : un trésor millénaire humilié, bradé à 3,5 euros le litre, selon le Financial Times

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Lamari, Moktar
E4T



La Tunisie ne vend pas son huile d’olive en Europe. Elle la brade. Et ce n’est pas un accident de marché, mais le résultat d’une défaillance politique, institutionnelle et culturelle. Le révélateur est brutal : selon une enquête du Financial Times publiée le 9 février 2026, l’huile d’olive tunisienne entre aujourd’hui en Italie à environ 3,5 euros le litre, un prix si bas qu’il fait s’effondrer les marchés locaux italiens… et saigne encore plus violemment les agriculteurs tunisiens. Où est le gouvernement tunisien dans ce scandale ? À qui profite le crime…




Ce chiffre n’est pas une performance. C’est un aveu d’échec.


Quand l’exportation devient une liquidation

Le Financial Times rapporte que les importations tunisiennes d’huile d’olive en Italie ont augmenté d’environ 40 % sur un an, contribuant à un effondrement des prix qui pousse même des producteurs italiens à vendre à perte.

Mais derrière la colère italienne se cache une tragédie tunisienne bien plus profonde : nous exportons sans valeur ajoutée, sans marque, sans récit, sans protection, livrant notre or vert à des réseaux d’exportateurs rapaces, qui capturent la rente pendant que les paysans crèvent.

L’huile tunisienne est aspirée, mélangée, embouteillée ailleurs, puis revendue sous pavillon italien ou européen. La Tunisie, elle, disparaît de l’étiquette, et avec elle disparaissent le prix, la reconnaissance et la dignité du producteur.


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L’État incompétent, les exportateurs voraces

Où sont le ministère de l’Agriculture et le ministère du Commerce ? Absents. Muets. Inexistants.

Ils n’ont rien fait pour :

* protéger l’huile tunisienne contre les résidus de pesticides et les pollutions,
* structurer une traçabilité crédible,
* investir dans la qualité, la conservation et le stockage,
* ni surtout bâtir une stratégie de branding national, comme l’ont fait l’Italie, l’Espagne ou même la Grèce.

Résultat : l’huile tunisienne sort en vrac, sans identité, livrée à des intermédiaires dont le seul talent est de vendre vite et pas cher. Des mafieux en affaires.

Ce ne sont pas des exportateurs, ce sont des rentiers de la sous-valeur.


Le piège du volume : produire plus pour gagner moins

Les médias tunisiens célèbrent chaque année “l’exploit” de la production. Mais produire beaucoup n’est pas une victoire quand on vend au rabais. Le FT rappelle que la hausse des prix en Europe en 2024, due aux sécheresses, a encouragé les agriculteurs tunisiens à planter davantage d’oliviers. Ils ont investi, travaillé, attendu. Et aujourd’hui ? Ils vendent en dessous de leurs coûts, incapables de couvrir l’entretien, l’irrigation, la main-d’œuvre et le pressage.

L’olivier n’est pas une culture opportuniste. C’est un arbre sacré, qui exige des soins constants, même quand la récolte est vendue à perte. Le tuer économiquement, c’est tuer une civilisation agricole vieille de plusieurs millénaires.


Pesticides, traçabilité, silence complice

Le Financial Times cite un rapport accablant de la Cour des comptes européenne : dans plusieurs pays, dont l’Italie et l’Espagne, les contrôles sur les résidus de pesticides et les contaminants dans l’huile d’olive importée sont “inexistants ou très limités”. Cette faille est un danger… et une opportunité pour les fraudeurs.

Certains producteurs italiens eux-mêmes reconnaissent que l’huile tunisienne est souvent de bonne qualité. Mais l’absence de traçabilité permet toutes les manipulations : mélange, fausse origine, dégradation volontaire de l’image pour faire pression sur les prix. Et pendant ce temps, l’État tunisien regarde ailleurs.


Le scandale du faux succès

Le plus grave est là : on fait croire à l’opinion publique tunisienne que tout va bien.
Que les exportations augmentent.
Que la Tunisie “gagne des parts de marché”.

C’est faux.
Un pays qui exporte sans marque ne conquiert pas des marchés, il les subit.

Un pays qui vend à 3,5 euros le litre ne gagne pas de devises, il subventionne les embouteilleurs étrangers.

Les économistes improvisés, les plateaux télé complaisants et la démagogie officielle transforment une défaite stratégique en succès statistique.


Le branding ou la mort

L’Italie vend de l’huile d’olive comme on vend du vin : terroir, histoire, famille, émotion.
La Tunisie vend un liquide anonyme.

Tant que nous refuserons d’investir dans :

* des marques tunisiennes fortes,
* des labels de qualité crédibles,
* une présence commerciale directe en Europe,
* une séduction du consommateur final,

nous resterons le verger invisible de l’Europe, condamné à produire pour enrichir les autres.


Conclusion : brader l’huile, c’est brader le pays

Le scandale de l’huile d’olive n’est pas agricole. Il est politique et culturel.

Un pays qui ne protège pas son produit le plus symbolique ne protège rien.
Un État qui laisse ses paysans vendre à perte trahit sa mémoire et hypothèque son avenir.

La Tunisie n’a pas un problème de production d’huile d’olive.
Elle a un problème de courage stratégique.

Et tant que l’on confondra volume et valeur, l’olivier restera debout…
mais le paysan, lui, restera à genoux.


5 messages au gouvernement, en clair, au sujet de l’huile d’olive

1. « Produire plus pour vendre à perte n’est pas une politique agricole, c’est une trahison des paysans. »
Pédagogie : sans qualité protégée, traçabilité et prix plancher, le volume détruit la valeur.

2. « Exporter en gros sans marque, c’est organiser le bradage national au profit d’intermédiaires rapaces. »
Rappel clair : l’huile tunisienne part en vrac, la valeur reste en Europe, le paysan paie.

3. « Quand l’État ne protège ni la qualité ni le prix, le marché écrase le producteur. »
Message clé : l’inaction publique fabrique des gagnants (exportateurs) et un perdant unique (l’agriculteur).

4. « Pendant que les journalistes du Bled célèbrent les records, le paysan vend à 3,5 € le litre et ne couvre même pas ses coûts. »
Déconstruction du mythe : produire beaucoup n’est pas réussir quand on vend au rabais.

5. « L’olivier est sacré, mais pour le Min. Com., l’huile n’est qu’un liquide à liquider : les paysans sont les dindons de la farce. »
Dimension culturelle : on sacrifie un héritage millénaire pour une rente d’exportation à court terme.

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