Le monde se dirige vers une économie à faible croissance et à forte inflation




Amine BEN GAMRA (*)


La crise sanitaire puis l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie ont suscité des pénuries dans différents secteurs – matières premières, productions agricoles, composants industriels – qui ont fait exploser les prix.

Ce qui semble temporaire peut devenir persistant dans les secteurs où, en dépit d’une demande qui restera forte assez longtemps, les investissements sont appelés à stagner voire à diminuer parce que l’incertitude est grande sur la configuration future du marché.

Dans ce contexte, les hausses des prix en cascade portent atteinte au pouvoir d’achat des ménages avec pour conséquence possible des excédents d’offre et des pertes d’emploi dans certains secteurs. Le spectre de la stagflation – comme pendant les années 1970 – revient sur le devant de la scène. Les distorsions de prix relatifs non anticipées et non désirées ne peuvent que conduire à des transferts de richesse et à une mauvaise allocation des ressources.

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La hausse des prix va augmenter l'inflation et peser sur la croissance mondiale
Dans la zone euro, nouveau record pulvérisé. Les prix ont grimpé en moyenne de 8,1 % au mois de mai en rythme annuel, contre 7,4 % le mois precedent. Ce nouveau coup d'accélérateur était attendu, surtout après la publication de taux élevés en Allemagne en Espagne , et en France. Mais il est plus brutal que prévu. La BCE a fini par céder. Alors qu’elle était l’une des dernières grandes banques centrales de la planète à ne pas avoir amorcé d’augmentation de ses taux d’intérêt, dans le but de ne pas briser la reprise économique, Christine Lagarde a annoncé dernièrement qu’une première hausse de taux pourrait intervenir dès juillet.

Aux États-Unis, le Système fédéral de réserve (connu sous le nom informel de Fed), l'équivalent de la banque centrale a relevé les taux d'un demi-point, les laissant dans une fourchette comprise entre 0,75 % et 1 %, alors que le pays est en proie à une inflation galopante qui a atteint 8,5 %, son plus haut niveau depuis 40 ans.
La hausse des taux affecte la capacité d'investissement des entreprises et la demande de crédit à la consommation dans un contexte mondial assez compliqué. En effet, comme il est plus coûteux d'emprunter, votre pouvoir d'achat est réduit. D'autre part, les entreprises utilisent beaucoup de crédit pour investir, de sorte que des taux plus élevés n'encouragent pas l'investissement. Et cela rend le coût du financement budgétaire plus cher pour les pays.
La vague mondiale de hausse des taux d'intérêt génère un effet de freinage sur la croissance économique mondiale.


* Expert Comptable
Commissaire Aux Comptes
Membre de l'Ordre des Experts Comptable de Tunisie



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