Notre économie face au risque de l’effondrement de la valeur du dinar




Amine BEN GAMRA



La Tunisie fait face actuellement à l’une des plus graves crises de liquidités surtout en devises dans son histoire et a besoins d’apports extérieurs (de l’odre de 5 à 6 milliards de $) pour financer son budget et pour relancer son économie en berne.
En l’absence d’un accord avec le FMI d’ici peu, on s’attend à ce que les réserves internationals de la Tunisie d’érodent dangereusement.
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Les importations, qui sont payés en devises fortes, sont devenues plus chères, provoquant ainsi une sortie accrue de devises contre une faible entrée de monnaies étrangères, les exportations n’évoluant pas au même rythme soutenu. La hausse des prix à l’importation a également aggravé les pressions inflationnistes et alourdi la facture des subventions du gouvernement.

Par conséquent, la régression du dinar impactera l’endettement et le service de la dette ainsi que les grands équilibres financiers du pays, outre la caisse générale de compensation (CGC), étant donné que la plupart des produits de base sont importés. En effet, le déficit budgétaire se creusera à 8,5% du PIB en 2022, contre 7,8% en 2021 et la Tunisie affichera un déficit du compte courant de 8,4% du PIB en 2022, contre 6,3% en 2021, selon les prévisions de Fitch Rating.

Pire encore, le conseil exécutif de la BCT n’a pas tenu de réunion de politique monétaire depuis le 10 juin. Lors de la prochaine rencontre, la BCT serait amenée à augmenter encore une fois son taux directeur d’au moins 50 points de base. Le taux directeur approchera les 8% d’ici quelques semaines.
Le cercle vicieux de l’inflation croissante, affaiblissant un dinar tunisien ayant déjà perdu plus de 40% de sa valeur en dix ans, a un impact sur le niveau de la dette, qui ne cesse d’augmenter lui aussi, hypothéquant les capacités de remboursement du pays.

Il semblerait presque que toutes les bonnes volontés et toutes les intentions, bonnes et louables, soient vouées à ne pas être entendues. Résultat, la Tunisie semble avoir adopté, en cherchant son chemin, une marche erratique sans finalité précise.

Le handicap de ce pays jeune et sympathique, qui voudrait sans pouvoir, est le déni de ses dirigeants. Une force insoupçonnée capable de plomber les meilleures intentions et qui obère la réalité. À croire que dans une sorte de fuite en avant ou pour tenter de différer les événements, le pouvoir esquive tout ce qui pourrait lui être contraire et finit par produire ces propres freins. Le déni, bien plus fort que les voix de la raison, se fait têtu, s’impose et dispose, il se rit du bon sens et de la bonne volonté. Mieux, ou pis, il remet en question toute logique et conduit à une impasse qu’il décrit comme une autoroute vers le succès, le développement.

À quoi sert un gouvernement, s’il ne peut anticiper ?

* Expert Comptable
Commissaire Aux Comptes
Membre de l'Ordre des Experts Comptable de Tunisie



Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 252817

BenMoussa  (Tunisia)  |Lundi 12 Septembre 2022 à 14h 07m |           
... وجاهل لا يعلم انه جاهل فاجتنبوه
لكن ماذا عن جاهل يعتقد انه عالم علامة
فما كان ليصل الى هذه الحالة
لو تم اجتنابه يوم كان جاهلا ولا يعلم انه جاهل