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Sécurité des journalistes en Tunisie, thème d'un atelier de réflexion à Tunis

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Tap - Les décrets n°115 et 116 relatifs au secteur des médias seront réexaminés, tout en prenant en considération la protection des journalistes lors de l'accomplissement de leur mission, a indiqué, lundi, le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), Néji Bghouri.

Le journaliste doit pouvoir effectuer son travail sans aucune crainte ni appréhension, a-t-il dit au cours d'un atelier de réflexion "Sécurité des journalistes en Tunisie : pratiques et législation dans un contexte de transition", organisé à l'occasion de la célébration de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes.


Neji Bghouri a critiqué le projet de loi relatif à la répression des agressions contre les forces armées et le retrait, par le gouvernement, du projet de loi sur le droit d'accès à l'information et sa soumission, à nouveau, au Parlement.




Il a souligné l'importance de l'aspect législatif dans la protection des journalistes contre les agressions dont ils sont victimes lors de l'exercice de leur mission.

Le représentant du bureau du Haut Commissariat aux droits de l'Homme à Tunis, Mazen Chakoura, a indiqué que la communauté internationale est en train de mettre en place un plan visant à poursuivre les auteurs des agressions commises contre les journalistes.

Ce plan englobe la Tunisie, le Népal, l'Irak, le Sud Soudan et le Yémen.

La représentante de l'Observatoire de Tunis pour la liberté de la presse, Khawla Chabbeh, a relevé que 134 agressions contre des journalistes ont été enregistrées depuis le début de l'année et jusqu'à fin octobre 2015, dont 34 ont été commises par des sécuritaires.

De son côté, Zied Dabbar, membre du bureau exécutif du Snjt, a indiqué que depuis le 14 janvier 2011, on enregistre une moyenne d'une agression par jour contre les journalistes. Sur 20 procès intentées en justice, seule une affaire a été tranchée, a-t-il dit.

Parmi les raisons qui empêchent les journalistes de poursuivre leurs agresseurs en justice, figurent, essentiellement, la crainte de perdre les sources d'information, les conditions de travail des journalistes et la peur des représailles, a-t-il expliqué.

Dans une déclaration à l'Agence TAP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Walid Louguini, a indiqué que le département admet l'existence d'agressions contre les journalistes.

Toutes les agressions sont actuellement en cours d'enquête par l'inspection générale du ministère ou par les services judiciaires, a-t-il précisé.

il a indiqué que le ministère s'emploie à faire diminuer le nombre d'agressions, rappelant, dans ce contexte, la coopération établie entre les structures de défense des journalistes et le ministère dans ce sens et la charte de comportement des forces de l'ordre avec les journalistes qui a été mise en place récemment.

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