Festival de Carthage


Les techniques de la musique tunisienne


La musique en Tunisie a toujours eu un caractère récréatif et a souffert d'une incommunicabilité entre la théorie et la pratique à cause de l'absence d'une notation unifiée. Ces deux phénomènes furent une entrave au développement de la musique comme art indépendant en Tunisie.
C'est pour cela que, plus haut, je me suis permis de la comparer avec la musique des Romains de l'Antiquité qui ne croyaient pas du tout aux vertus éducatrices de la musique.

Au XVI° siècle, suite à l'hégémonie turque, la musique classique tunisienne adopte les deux formes turques que sont le Bashraf et la Samaî.
Nous voyons d'emblée que la position géographique de la Tunisie sera une des raisons de la diversité des musiques qu'elles renferment, c'est pourquoi on peut parler de véritable richesse musicale grâce à une diversité. Nous allons d'ailleurs dans la seconde partie observer comment cette diversité a évolué, et surtout comment elle se comporte de nos jours :
du fait de la position géographique stratégique de la Tunisie, la culture musicale a subi un brassage éthnique.

Abdulwahab estime que la musique tunisienne a connu trois phases d'influences extérieures :
la première, venue d'Orient : dont le centre fut la Mecque et Médine,
la deuxième, venue de l'Espagne musulmane : dont le centre fut andalous,
la troisième, venue de l'empire Ottoman : dont le centre fut Istambul.

Mais l'influence tunisienne a joué un grand rôle.

 

En Tunisie, on parle de Bashraf-Samaî. La musique turque a persisté tandis que la musique tunisienne s'est dispersée, faute de bon moyen de transmission.
Nous en revenons donc au problème de la théorie qui n'a pas joué son rôle de conservation des données musicales. Il est en effet primordial que le support papier puisse faire se perdurer à travers les différentes générations un morceau sans qu'il subisse trop d'altérations qui peuvent causer à terme sa dénaturation voire, pire, son oubli.
C'est pourquoi la musique tunisienne bénéficie maintenant d'une notation, ayant de nombreuses ressemblances avec notre notation musicale, on peut même observer que quelques subtilités de la musique tunisienne ne peuvent être encore bien transcrites.

Nous pouvons bien sûr observer une évolution avec des similitudes entre la musique orientale et la musique occidentale, mais la rapidité d'évolution et la forme que prend cette évolution n'est pas la même, la musique orientale semble être restée la plus humaine, la plus vivante, mais cela reste bien sûr un avis un peu personnel et subjectif, mais nous devons bien nous résoudre à considérer la musique orientale comme une musique moins figée que la nôtre. La notation et la théorie n'étant que secondaire, la musique garde une énorme vigueur.

Mais, (la mondialisation ?), l'uniformisation des sociétés et la révolution informationnelle, définie par Walter Stucky :
nous amènent à observer une évolution récente quasi semblable que l'on peut définir comme suit :

" Musique et société en Tunisie " Mustapha Chalbi

Des takbirs du muezzin à l'aube jusqu'aux muwachahats crépusculaires, la musique est présente dans les rues de la cité, transformant les gestes de la vie quotidienne en une représentation spectaculaire. La cité islamique est sonore, pleine de mélodies et de cris pouvant fournir de précieux renseignements aux ethnologues et aux sociologues.
La musique, par la simplicité de son vocabulaire, a permis à toutes les couches sociales de transmettre leur conception du monde, leur morale et leur philosophie.
La musique était hier inscrite dans les gestes de la vie quotidienne ; aujourd'hui, le modernisme l'a quasiment chassée de son élément naturel, la société. La musique est désormais entre les mains des machines médiatiques (je rajouterai même entre les mains, entre autre, de la RTT où ne rentre pas qui veut : voir mes tentatives à Tunis et Monastir).
Le bruit des hommes est remplacé par le bruit des machines, le vrombissement des moteurs ( je rajouterai aussi par le crissement aigu et désagréable des freins, par les coups de sifflet des agents réglant la circulation et les bruits parfois stridents de la climatisation).
Les chameliers chantent la huda qui accompagne les rythmes de la marche du chameau (ces rythmes se modifient en fonction de la cadence de marche du chameau). Chanter, c'est donc avoir un pouvoir de décision. Adhan du muezzin et huda sont des régulateurs et des directives.

La musique varie aussi en fonction du temps :
lever de soleil : Rahawi
petit matin : Rast
midi : Zankul
entre deux prières de l'après midi : Hijaz
crépuscule : Asbahan
après le souper : Bryuk.

Les " Frères de la Pureté " ont établi les propriétés de certaines notes :
La = lourde, terre, noir
Ré = froide, eau, blanc
Sol = légère, air, rouge
Do = chaude, feu, jaune

Nous pouvons aussi citer un autre passage qui corrobore les propos de Walter Stucky :

Le discours médiatique a, en quelque sorte, dérangé la cohérence musicale arabe qui n'est plus capable d'assurer le véritable tarab.

La musique rurale est dite folklore.
A la différence des familles bourgeoises, le chanteur n'est pas déconsidéré dans le milieu bédouin, il symbolise la sagesse des ancêtres. Mais cet art a souffert des défaillances de la transmission orale.
Avant, le solfège ne s'enseignait pas, les musiciens jouaient " à l'oreille ". La musique était un art collectif.

En Tunisie, comme dans d'autres pays du Maghreb d'ailleurs, on parle de musique " génétique " : elle fait corps avec la société, contrairement à la musique " commerciale ". Etre musicien n'était pas un métier, la musique était considérée comme un art secondaire

Aucun instrument musical ne peut pénétrer dans l'enceinte de la mosquée. La psalmodie est un chant sans instrument la mélodie opère sur l'affectivité des auditeurs.

Dans les gammes majeur et mineur, donc dans la musique occidentale, notamment la musique française, il n'y a pas de sica (1/4 de ton).

Pour les tunisiens, la musique orientale est plus facile à jouer, beaucoup jouent à l'oreille car ce fut longtemps une tradition orale.

Depuis les années 90, on peut observer une fusion entre les styles orientaux et occidentaux, la musique devient universelle, et elle le reste. La musique permet de former une " passerelle " entre ces deux " mondes ", ou plutôt, entre ces deux sociétés séparées par une langue. Nous observons d'ailleurs ce phénomène en France, avec le raï, et plus précisément la tournée " 1, 2, 3 Soleil " où les chants arabes et français se côtoyaient et s'unissaient.

La musique populaire du Maghreb se dote d'instruments occidentaux, tel que le violon, le violoncelle, mais il n'y a que peu de changement dans le fondement de cette musique.

La musique religieuse ne connaît que peu de changements, et ces changements ne sont que progressifs, nous connaissons le même phénomène en France. Les chants anciens, dans la religion sont les mieux considérés, et surtout, les plus connus donc les plus chantés.

Un élément très important de la musique orientale, et donc tunisienne, est l'improvisation du musicien qui, généralement suit un maqam (maqâm) et égraine ses notes. On appelle cela le Khawatar : improvisation du cœur, les sentiments s'expriment librement à travers la mélodie, sans cesse renouvelée et censée être infinie car impromptue.

Dans la musique arabe, l'emploi des nuances est quasiment absent (sauf dans la musique turque). L'art du contre-chant est encore timide dans les formations musicales tunisiennes (et arabes).
L'occident est plus enclin à la polyphonie. La musique orientale commence à l'adopter, mais cette assimilation n'est que très progressive pour la majorité du public, seuls certains artistes parviennent à effectuer une réelle fusion.

Il existe une infinité de modes (maquamat) dans la musique orientale. La musique orientale est, sur ce point beaucoup plus riche et diversifiée que la musique occidentale.
A ne pas confondre avec cette forme d'écriture arabe :

Les Maqâmât

Le terme de maqâmât, que l'on traduit par "séances", désigne un genre littéraire arabe classique, développé au Xe siècle. Il est composé de récits courts et indépendants en prose rimée avec des insertions de poésie. Créé par al-Hamadhânî (968-1008), ce genre d'une virtuosité stylistique étincelante, culmine avec al-Harîrî (1054-1122).
Composés de cinquante séances, les Maqâmât d'al-Harîrî narrent les aventures de deux protagonistes : le narrateur al-Hârith et le héros Abû Zayd, vagabond bohême et fripon dont les tribulations à travers le monde sont l'occasion de portraits ironiques et d'anecdotes croquées sur le vif. Très appréciées pour leur humour, les Maqâmât d'al-Harîrî ont été luxueusement enluminées par Yahyâ b. Mahmûd al-Wâsitî, en 1237 à Bagdad. Ces peintures nous offrent un tableau incomparable de la vie des villes et des campagnes du monde arabe médiéval.

Mais cette petite définition pourra peut-être permettre de mieux cerner ce qu'est cette notion fondamentale du mode.

Les traditionnels Râst et Nahawand reposent sur la gamme de do majeur, tandis que le Bayyâti, le Hijâz, et le Sabâ reposent sur la gamme de ré majeur.

Râst

Râst signifie "raide" ou "droit" en Persan. C'est très ressemblant à la majorité des gammes, mais avec le troisième et le septième degré abaissé, en gros, d'un quart de ton. Lorsque l'on descend cette gamme, le septième degré est souvent altéré totalement

Nahawand

Le nahawand est similaire aux gammes mineur " harmonique " durant le mouvement ascendant, et similaire aux gammes mineurs naturelles durant le mouvement descendant :
 

Bayyâtî

Le bayyati utilise la note ré comme tonique avec le deuxième et le sixième alterné par, approximativement, un quart de ton. Lors du mouvement descendant, le sixième degré est généralement totalement alteré :
 

Hijâz

Le hijâz a pour tonique ré. De même, lors du mouvement descendant, le sixième degré est bien souvent totalement alteré :
 

Sabâ

Le mot sabâ se rapporte aux brises de l'est et ce maqâm est souvent associé à un sentiment de tristesse. Notez que le mode n'inclue pas une octave d'intervalle :
 

Il s'agit maintenant de vous expliquer l'utilisation qu'un musicien peut faire de ces différents maqâmat ! Il faut bien sûr savoir que la liste qui vous a été donnée ici n'est absolument pas exhaustive, mais la plupart des musiciens les utilisent. Les autres maqâmat, très nombreux, sont moins utilisés.
Le système est à peu près le même que pour les gammes française : le musicien doit jouer les notes de la gamme (ici du maqâm) d'une façon la plus mélodieuse possible.
Lors d'une improvisation sur un maqâm, le musicien doit jouer un maximum de notes contenues dans le maqâm (il doit donc maîtriser parfaitement son instrument (qui a plus de possibilité qu'un instrument occidental et qui est donc beaucoup plus compliqué).
Mais il ne doit pas se borner à ne nouer que les notes du maqâm : il peut réaliser des appogiatures pour agrémenter son morceau. Mais il doit aussi faire appel à son imagination et à son " oreille " et ses perceptions du " beau " musical. Il doit être capable de jouer une note étrangère au maqâm qui semble appartenir au maqâm et qui fait corps avec le reste de sa prestation.
Lors d'une improvisation, le musicien est parfois amené à changer de maqâm sans que l'auditeur n'y prête garde (sauf s'il est lui même musicien). Il doit donc non seulement avoir une entière maîtrise de son instrument, mais aussi connaître parfaitement les maqâmat les plus usités.
En ce qui concerne la composition, c'est le même principe qu'en Europe : le compositeur s'appuie généralement sur un maqâm pour composer sa mélodie. Mais il est libre de changer de maqâm lors de sa composition ou de les ignorer totalement (c'est cependant très rare).


N'oubliez pas l'alternance (la différence entre) des " doum ", au ton résonant et bas (ce sont les notes avec leurs " queues " en haut), et des " tak ", au ton craquant et haut (ce sont les notes avec leurs " queues " en bas).
Les " doum " sont joués avec la paume de la main à plat sur la darbouka et les " tak " sont joués avec le poing refermé.

La musique savante arabe se distingue de la musique occidentale par de nombreux caractères, dont deux principaux. Tout d'abord, elle privilégie la voix et le chant. C'est une musique mélodique dans laquelle les instruments tiennent un rôle secondaire. Ainsi, elle n'est fondée pratiquement que sur l'exploitation et le perfectionnement de la voix humaine et du chant.

La musique arabe appartient principalement à la tradition orale et aux civilisations non-écrites. Même si la notation musicale a été empruntée à l'Occident, la musique arabe n'est encore que très peu écrite.

Le takht est l'orchestre arabe de musique savante. Son nom rappelle que les musiciens, autrefois, prenaient place sur des divans lorsqu'ils étaient invités dans les palais des califes ou des sultans. Le takht classique remonte à la période d'avant l'Islam. Bien qu'il soit de composition variable, Il contient généralement le luth ûd, la cithare qanun, une ou deux vièles kemanjeh, plus rarement la flûte nay et quelques instruments à percussion.

Si la musique savante est née sous les Omeyyades, son âge d'or se situe sous les califes Abbassides ( 750-1253 ), grâce au soutien de califes tels qu'Harun al-Rashid, qui éleva la musique au rang d'art noble. Sous son règne est même créée, grâce à Ibrahim al-Mawsilli, ( un musicien ), une école de musique à Bagdad, qui forme des esclaves chanteuses et enseigne le chant, la diction, la poésie, et le jeu du luth.

Le fils d'Ibrahim, Ishaq, reprend l'œuvre de son père et l'améliore jusqu'à donner à la musique savante sa forme définitive.

Les origines de la musique arabe se confondent en trois sources principales :
L'origine sémitique : Elle donne à la musique des sources divines. On trouve ainsi un certain nombre de récits bibliques expliquant jusqu'au terme même de musique :
" Moïse entra en contact avec Dieu dans le désert du Sinaï. Gabriel vint et lui dit : frappe le rocher avec ton bâton. Il fit éclater douze sources d'eau, chacune d'elles rendant un son agréable différent. Elles furent les bases des douze modes classiques ( maqamat ). Gabriel ordonna alors de faire boire les fils d'Israël, par ces mots : Ya musa sqi : O Moïse, donne à boire. On contracta les deux mots et il en résulta l'appellation de l'art révélé par Allah : Musiqi. "
L'origine sémitique donne la priorité à la voix et au chant.
L'origine indo-persane : Elle lie la musique au cosmos. Chacun des douze modes, ou maqamat, correspond à un signe du zodiaque, et est lié à un élément : terre, feu, eau, air. La musique anime le bien et le mal.
L'origine grecque : Les modes musicaux sont liés aux tempéraments, soit climatiques, soit humains.

Qu'en est-il de la musique arabo-andalouse ?

On entend par musique arabo-andalouse la musique originaire d'Al-Andalus, qui est le nom donné par les arabes à la péninsule ibérique qu'ils occupèrent pendant sept siècles .

La dynastie des ommeyades s'installe en Al-Andalus organisant une vie de cour .
Pendant ces sept siècles de domination, les arabes ont développé dans cette province une civilisation spécifique aux multiples composantes ( architecture, poésie, musique ...) .

Après la chute de Grenade en 1492 et donc la fin de la présence arabe en Al-Andalus, de nombreuses familles retrouvèrent refuge au Maghreb dont le Maroc ; ils amenèrent avec eux tout leur patrimoine culturel dont la musique.

Cette musique, originaire donc d'Al-Andalus, a continué de se développer au Maroc, lui donnant ses caractéristiques propres .

Caractéristiques de la musique arabo-andalouse

Ziryab est le grand maître de l'école arabo-andalouse . Il est à Bagdad le disciple d'Ishaq al Mawali , maître de l'école des udistes . Devenant meilleur que son maître, Ziryab est obligé de quitter Bagdad, il se retrouve à Cordoue en 822 .

Il est un musicien extraordinaire mais aussi un grand lettré, un astronome, un géographe.

Il a amené avec lui la grande tradition des udistes en Al-Andalus . Il a inventé avant tout le système des noubas qui a déterminé les formes, les genres et les modes pratiqués encore de nos jours .

Qu'en est-il de la musique religieuse arabe ?

La musique pour arriver à la transe se trouve être une tradition dans l'Islam. La tradition musulmane a toujours associé étroitement la musique et la transe, plus particulièrement dans les confréries soufis .
On entend par soufisme la tendance mystique qui dans l'Islam vise à la communion directe entre l'homme et Dieu .

Pour les soufis la transe tient une grande place dans la quête spirituelle et met en communication directe avec Dieu ; la transe s'obtient souvent par la musique .

Les soufis ont développé deux cérémonies associant la musique à leur quête spirituelle :
- le sama
- le dikr

Le Sama

Signifie une audition, c'est une cérémonie faite de prière, de musique et de danses qui fait accéder à l'état de grâce et d'extase .
Sa musique est surtout chantée, la part instrumentale est beaucoup moins importante . Le concert se déroule sous la direction d'un maître spirituel, le cheikh, et le chant solo est exécuté par le qawwal, celui-ci est choisi par la beauté de sa voix .
Les fidèles écoutent ce concert, assis et se laissent peu à peu prendre par la transe .
Les instruments utilisés sont le tambour sur cadre et la flûte oblique . Au cours du temps d'autres instruments ont été employés .
La musique du sama est essentiellement vocale, il s'agit avant tout de chanter les sourates du Coran et des vers de poésie . Le rythme et la mesure de ces vers déclenchent la transe.

Le dikr

C'est une prière qui peut être comparée à une litanie, le nom de Dieu est inlassablement répété jusqu'à prendre le corps puis l'esprit, amenant ainsi à un état de transe et à un anéantissement de la conscience .
La pratique du dikr revêt deux aspects principaux : celui qui est solitaire et celui qui est collectif, ce dernier est lié à la musique et à la danse .
Sa pratique est différente de celle du sama, toute l'assemblée est prise par état de transe . Le dikr est aussi dirigé par un maître spirituel, le cheikh auquel s'adjoignent les chanteurs .
Les prières sont chantées et reprisent en choeur par l'assemblée, elles sont accompagnées très vite d'un mouvement du buste d'avant en arrière, ce mouvement introduit une scansion dans le chant jusqu'à amener l'état de transe .

 

2. Particularité de la musique tunisienne vis-à-vis des autres pays du Maghreb

 

La musique tunisienne est parfois définie comme étant l'ensemble des chants andalous anciens sur lesquels furent greffés des modes et des injections d'origine turque, persane et quelque fois grecque, en plus de l'ajustement qui s'y opère de temps à autre résultant de l'influence de facteurs régionaux. (selon Abdulwahab)

La musique tunisienne traditionnelle compte treize modes :
Al rast, Al dhil, Rast al dhil, Al raml, Al maya, Ram al maya, Al iraq, Al sika, Al hsin, Al nawa, Al asbaîn, Al asbahan et Al mazmoum.

En suivant mon expérience en Tunisie auprès de différents musiciens, il semblerait qu'ils tentent de conserver la tradition de la transmission orale de ces modes, aussi n'ai-je pas pu tous les connaître.

Les instruments principaux de la musique tunisienne traditionnelle sont :
aoud : luth tunisien composé de cinq doubles cordes : sol la ré sol do
qânun : Cithare à vingt-six triples cordes
rbab : (rebek) ancêtre du violon
nay : simple flûte en roseau
naqarat : deux petites timbales jouées à l'aide de deux baguettes
darbuka : peau de chèvre tendue sur poterie.

La musique tunisienne est différente des autres pays du Maghreb. Ne serait-ce que par son rythme qui est différent du rythme algérien ou marocain.
Les rythmes Fazzenie, Souga et Jerbi n'existent qu'en Tunisie, c'est une particularité. (propos de Kaouthar Bardi)

Dans la musique tunisienne, les demi-tons ne sont pas les mêmes : histoire de komas (intervalles très petits) entre le ré et le mi, il y a neuf komas, le demi bémol tunisien est plus avancé d'un ou de deux komas. Mais il n'y a pas de règle bien définie, il faut connaître et discerner cela à l'oreille. Les égyptiens ne peuvent pas jouer la musique tunisienne et les tunisiens ne peuvent pas jouer la musique égyptienne. Cependant, ils sont accordés de la même manière. Seuls les Turcs sont accordés différemment. Si un Egyptien et un Tunisien jouent ensemble, leur " ré " seront pareils, mais les " mi " demi-bémols seront différents. Il y a de grandes différences entre les tonalités de différents pays.
Les musiciens connaissent en général entre dix et vingt tonalités. La musique tunisienne comporte peu de nuance.
Les rythmes de la musique tunisienne se sont compliqués selon Lansari Makrem, il pense que la musique tunisienne s'est développée.
Selon lui, les différences majeures entre la musique tunisienne et les autres musiques du Maghreb sont les mots, les phrasés et le rythme.

Voici un exemple de musique de la vie de tous les jours à Sfax,
si une femme perd quelque chose, elle attache un nœud au bout d'un torchon et chante :
Ya mrima / atini mtai / rajlik marbut / atini mtai / walla imut.
O Mrima, donne-moi mon bien, ton mari est attaché, donne-moi mon bien, sinon il mourra.
Selon un coopérant français résidant en Tunisie depuis de nombreuses années, la musique tunisienne n'est pas toujours autonome. Maintenant, la musique tunisienne est en recherche d'autonomie. On peut en cela la comparer à la musique du Moyen Age.
La musique tunisienne, selon Nizar, musicien du restaurant le Douar, a ses particularités propres qui sont facilement reconnaissables pour un Tunisien mais que nous ne percevons pas forcément.

Il y a un mélange progressif entre la musique tunisienne et occidentale. Certaines chansons son composées de textes arabes et de musiques européennes. Ou on mélange parfois de la musique turque (gamme volant du grave à l'aigu) et de la musique tunisienne.
Les chants andalous sont à l'état brut au Maroc et en Algérie. Mais en Tunisie, ils ont été transposés sur des gammes tunisiennes.
Les musiciens ont gardé les mêmes instruments, mais le violon remplace le Rbab.
La musique populaire a une origine écossaise et a été transformée suivant les humeurs tunisiennes. Cette musique est vulgaire et accessible à tous : elle utilise le dialecte et non pas l'arabe littéraire.
La Libye et la Tunisie ont des similitudes : même tabla pour jouer le rythme et dialectes proches dans certaines régions.

Les sons de la musique traditionnelle du Japon et de la Tunisie ont, selon Ben Sta Hatem, des similitudes. (son portable sonne, vive le modernisme).
La musique au Japon comme en Tunisie vient du fond indicible du cœur. Mais les financements sont malaisés en Tunisie. On compose de plus en plus une musique uniquement pour la vendre : les chants sont alors moins travaillés, la musique est de moins bonne qualité, le rythme ne sert plus qu'à faire danser. Seuls quelques uns restent intéressants.
Il y a une infinité de modes car la tradition de chanter un mode varie suivant les régions. Il y a des différences nettes entre les chants du Nord et du Sud qui pourtant exploitent parfois les même modes, ces derniers sont parfois méconnaissables.
Par exemple, le Beyati n'est pas chanté pareil en Tunisie, en Algérie ou en Irak : la position des accents est à chaque fois différente. Ils ont aussi chacun leur façon d'interpréter les notes avec des rythmes et des enchaînements variables. Cela s'explique par la tradition et les habitudes. On peut comparer cela aux accents de Marseille ou du Québec, les paroles restent les mêmes, mais on ne les prononce pas de la même manière, et bien ici, c'est le même principe avec les notes de la gamme.
La musique tunisienne est caractérisée par la richesse de sa ligne mélodique et la diversité de ses rythmes et modes (disposition particulière de la gamme en tons et demi-tons) ou maquamat. On distingue: Le malouf, fortement imprégné de l'héritage andalou. Le bachraf et la lounga, d'origine turque. Parmi les formes principales de musique classique tunisienne, figurent la nûba (la plus ancienne et la plus authentique forme de musique d'origine andalouse), le choughoul et le bachraf (d'origine turque).
La musique tunisienne a été également influencée par le foundou et le zindali , les deux principales formes de musique populaire.
Les pays arabes de l'Orient (particulièrement l'Egypte, la Syrie et le Liban) ont aussi influencé la musique tunisienne.

Parmi les musiciens, chanteurs et compositeurs tunisiens les plus célèbres, on peut citer Khémaïs Tarnane, Cheïkh El Efrit,Raoul Journou, Saliha, Habiba M'sika, Fethia Khaïri, Chéfia Rochdi, Oulaya, Naâma, Salah Mehdi, Ali Riahi, Hédi Jouini, Hammadi Ben Othman, Lotfi Bouchnak, Sonia Mbarek.

La musique tunisienne a été également influencée par le foundou et le zindali , les deux principales formes de musique populaire.
Les pays arabes de l'Orient (particulièrement l'Egypte, la Syrie et le Liban) ont aussi influencé la musique tunisienne.

 

B. Enseignement de la musique en Tunisie

 

1. Enseignement de la musique dans les écoles spécialisées et les écoles normales

 

En règle générale, les étudiants de l'Institut Supérieur de Musique à Tunis désirant devenir musicien ou professeur de musique travaillent de nombreuses heures leurs musiques. Parfois un musicien peut jouer cinq heures par jour !
Dans les écoles normales, l'enseignement de la musique est sommaire : seules quelques notions de solfège sont abordées, comme en France. Cependant, le Malouf tunisien, une tradition semble être mis en valeur. C'est un point positif.

L'accent est mis sur la polyvalence du musicien, il doit maîtriser la musique orientale et avoir une certaine connaissance de la musique occidentale pour pouvoir entrer dans certains milieux ou certains orchestres.

Au conservatoire Srarfi, un éveil musical est réalisé dès l'âge de cinq ans. Les enfants sont acceptés à partir de huit ans au conservatoire.
Certaines écoles ont leur orchestre propre qui est l'aboutissement de la formation.

Nizar est professeur de musique au lycée pilote pour les arts en Tunisie, voyons comment il perçoit et il conçoit l'enseignement de la musique en Tunisie.
Il est aussi chef d'un groupe de trente musiciens à la RTT. Il joue aussi le soir au restaurant le Douar.
Il a étudié la musique orientale et la musique occidentale (pour améliorer son jeu de la musique orientale). Maintenant, il ne joue que de la musique orientale. Cette musique est plus proche de ses racines, il baigne dedans depuis son enfance. Pour ceux qui jouent du piano ou du violon, il faut apprendre la musique occidentale avant d'appliquer la musique orientale (on peut l'appliquer avec un synthétiseur oriental).
On accueille dans son école pilote, les petits dès six ans.
Les lycéens commencent en 7° année de base jusqu'au baccalauréat lors du premier cycle, il y a une heure par semaine de musique obligatoire puis deux heures par semaine en option au deuxième cycle.
Les premières étapes en musique restent théoriques sauf à ce lycée pilote qui est le seul de tout le gouvernorat : six heures par semaine : deux heures d'instruments, deux heures de théorie et deux heures de chant.
Après le baccalauréat, les élèves peuvent aller à l'institut supérieur de musique, avenue de Paris, ils maîtrisent alors très bien la musique et peuvent faire quatre ans de spécialité.
Mahmoud Frih habite à Monastir. Il est chanteur diplômé en musique arabe et travaille dans l'administration (s'occupant du conservatoire). Il va devenir professeur de musique à la rentrée. Il n'a pas de diplôme d'instrument (mais je découvrirai par la suite qu'il joue très bien de la darbouka). Il est spécialisé en chant. Il joue aussi un peu l'aoud, mais n'a pas de diplôme dans cette pratique
Il a réalisé cinq ans d'études au conservatoire. Il a un diplôme de musique arabe. Avant ses études en musicologie, il appartenait à une troupe orientale : la troupe " Chabab " au sein de laquelle il a fait ses premières armes en tant que chanteur. Il n'est donc pas venu par hasard faire ses études dans ce conservatoire.
Au conservatoire, la première année, il étudia le solfège rythmique et chanté puis la théorie et la transposition ; la deuxième année, il étudia la pratique et la théorie d'un instrument (pour lui, ce fut ses propres cordes vocales), puis les troisième, quatrième et cinquième années se déroulent de la même manière, l'artiste doit se perfectionner dans la voie qu'il a choisie.
En juin, il a passé un concours national où tous les élèves de musique de la Tunisie passent un concours de neuf matières pendant cinq jours. Voici les neufs matières au programme de cette épreuve :
Théorie musicale, transposition écrite, chant avec modes arabes et rythmes orientaux, solfège chanté, solfège rythmique, dictée musicale, histoire de la musique arabe et rapport entre les rythmes et les rimes de la poésie dans le chant arabe (sorte d'étude de la métrique des poèmes et de sa transposition en rythme).
Après avoir un diplôme de musique arabe, on peut avoir un diplôme d'instrument qui permet de faire professeur au conservatoire.
Il y a deux sortes de diplômés :
Soit après le bac on fait ses études à l'institut de musique et on obtient une maîtrise (on est alors appelé professeur) ;
Soit on se rend après la septième année au conservatoire et on obtient un diplôme (on est alors appelé maître).

2. Enseignement de la musique populaire

 

La musique populaire n'est que très rarement enseignée, elle s'apprend essentiellement " sur le terrain ".
Cependant, les rythmes populaires sont reconnus et enseignés.

La musique populaire est surtout transmise oralement, c'est ce qui fera ma difficulté à la saisir et à la traduire sur un rapport.

 

Le milieu de la musique tunisienne

 

A.     Les musiciens

 

1.      Le contact entre les musiciens

 

Selon la chanteuse Kaouthar, il y a une ambiance magnifique : les musiciens cherchent le bonheur des autres et tentent de partager leurs émotions. L’orchestre national est connu dans tout le Maghreb et dans la plupart des pays arabes.

Mais c’est une participation d’artistes, ce n’est pas une troupe permanente, personnes rassemblées juste pour l’ouverture du festival international de Carthage et pour d’autres festivals. C’est pour cela que si j’assiste à d’autres festivals, je risque de rencontrer les mêmes musiciens, car ces derniers sont peu nombreux et donc se déplacent.

 

Je rencontre un impresario avenue de la liberté : Rhabelsi Ali dit Boussembra.

Les clients viennent ici pour des spectacles qu’ils veulent organiser (exemple : les mariages), ils demandent des musiciens et des chanteurs, il leur propose des musiciens en indiquant le cachet qu’ils demandent. (pour les mariages : de 21 h jusqu’à 1 h).

            Il prend environ dix pour-cent sur les cachets qui peuvent aller jusqu’à   1 200 ou 1 300 dinars tunisiens, soit près de 6 500 francs. La saison s’étale de début juillet à fin septembre. Il choisit les musiciens et deux ou trois chanteurs pour une soirée. Il mélange des musiciens expérimentés avec des musiciens plus modestes pour qu’ils apprennent « sur le tas ».

            Lui-même est chanteur depuis 1954, il connaît quasiment tous les musiciens et chanteurs de Tunis. Les chansons égyptiennes, algériennes et libyennes sont fort appréciées en Tunisie. Il fait deux ou trois festivals par saison. Il connaît entre quatre cents et cinq cents musiciens.

            A la fin de leurs études, des étudiants deviennent musiciens de fortune pour gagner un peu d’argent. Certains font ensuite carrière. L’impresario organise des répétitions dans des salles louées ou bien chez lui. Il représente avec son orchestre des musiques andalouses, populaires et autres. Les musiciens sont très soudés et se soutiennent.

            C’est le client qui choisit les chanteurs. Peu de chanteurs chantent leurs compositions (que les chanteurs célèbres le font). Avec l’ONTT, il se déplace et organise des concerts dans tous les pays européens et les pays du Maghreb.

 

 

 

2.      Le contact entre les différentes générations de musiciens

 

La transmission du savoir musical est importante mais difficile, cependant, les jeunes existent avec les anciens, ils améliorent leur sens artistique avec les anciens qui ont plus d’expérience puis ils innovent ou continuent l’œuvre des anciens.

 

Nouri (de Tunis, voir le journal de route au jeudi 12 juillet 2001) considère que pour l’instant, les grandes stars de la musique arabe sont mortes. Les chanteurs actuels sont surnommés chanteurs sandwichs : ils chantent deux minutes, alignent quatre ou cinq mots et puis on s’en remange un autre juste après. Les mélodies sont moins travaillées qu’avant. Le décor prend une importance capitale dans les clips, il faut une présence féminine pour intéresser le téléspectateur et c’est tout.

Nouri a une certaine nostalgie de la musique tunisienne de jadis qui était plus consistante, plus riche dans la recherche artistique, on se régalait deux fois : une première fois avec la musique puis une seconde fois avec la beauté des paroles.

Il ne perçoit aucun espoir d’amélioration, les clips se ressemblent tous, les filles adoptent les mêmes positions et arborent les mêmes habits.

Les jeunes semblent se contenter des chanteurs hamburgueurs.

 

Les jeunes tiennent en général à leurs racines, mais le raï est très répandu, le hip-hop est très en vogue et la soul musique se répand. Certains s’occidentalisent de plus en plus, il existe de nouvelles écoles n’enseignant que la musique occidentale, une profusion de ballets, de groupe et de danse.

 

En règle général, une certaine nostalgie subsiste au cœur des Tunisiens, l’évolution actuelle de la musique tunisienne ne répond pas toujours à leurs attente, l’argent semble prendre plus de place qu’avant (trop, peut-être). La musique semble moins bien travaillée, les artistes ne semblent faire que du « show ». Mais nous connaissons exactement le même phénomène en France (voir le phénomène minimaliste « techno » qui fait des rave…ages).

 

Nous pouvons ici citer le phénomène d’acculturation.

 

B.     Les chanteurs, compositeurs et autres artistes

 

1.      Les difficultés des musiciens

 

Pour les musiciens, une carte professionnelle (qui s’obtient après un diplôme d’examen national) permet d’être en règle vis-à-vis de l’état et de pouvoir gagner de l’argent. Il n’y a pas réellement de statut de musicien reconnu. Un exemple flagrant : il n’y a qu’un seul orchestre symphonique dans toute la Tunisie.

 

Les parents parfois n’acceptent pas que leur fils fasse de la musique. Ils ont peur pour leur fils car parfois il peut faire au petit matin, après une représentation, des rencontres dangereuses. Il peut commencer à boire, à fréquenter des gens pas « sérieux ». Pour un chanteur qui au début à peu de connaissance, il doit acquérir de l’expérience, ses parents le soutiennent dans ses balbutiements.

 

Les jeunes musiciens ont du mal pour les premiers contacts avec les compositeurs, la RTT, la radio, les groupes, les organisateurs de festivals ou les soirées privées.

Les parents acceptent généralement que leur garçon chante, mais pour une fille, c’est plus difficile. Peu de familles refusent dans les grandes villes, mais il n’en va pas de même en campagne.

 

Ecrivain, compositeur et chanteur, sont les trois étapes pour la création d’une musique. Le chanteur contacte un écrivain puis, lorsqu’il a le texte, il cherche le compositeur qui lui convient. Pour finir, il va au studio d’enregistrement. Il y a peu d’auteur-compositeur-interprète. Nizar considère que la concurrence entre les différents musiciens et poètes est une belle concurrence qui sert d’émulation, chacun tente de se surpasser.

 

Chaque année, en avril, il y a un festival de la chanson tunisienne où se produisent des chanteurs et des compositeurs professionnels.  Il y en a d’autres pour les amateurs, à Menzel Tamim, par exemple.

Les jeunes musiciens doivent faire leurs preuves. Ce n’est pas évident, ils doivent affronter les concurrences même extérieurs à la Tunisie, telles que les musique américaines.

 

2.      La vie des chanteurs, compositeurs et autres artistes de la musique

 

J’interviewe Kaouthar, actrice participant au spectacle musical et chantant les compositions du regretté Salah Khmisi lors du festival 2001 de Carthage.

Selon elle, le problème des compositeurs est de trouver des paroles adéquates, de définir des sujets pour plaire au public tunisien. Il faut rechercher la bonne qualité et la nouveauté or la plupart des thèmes sont déjà épuisés.

 

Les cachets des artistes ne sont pas faramineux, on ne peut souvent pas vivre de sa musique. Mais il y a beaucoup de festivals et de mariages, donc si le chanteur s’accroche, il peut devenir célèbre (mais difficilement riche). Il faut aimer son art, ne pas rechercher le gain. Les débuts sont souvent fort difficiles : il faut persister.

 

Les sujets les plus souvent traités en musique sont : l’amour, les séparations, les problèmes entre une femme et son mari, on chante pour ses parents, on cherche les jeux de mots. Il faut chanter pour l’avenir, pas pour les problèmes. La musique sert d’exutoire.

 

Les imprésarios cherchent Wahid ou les clients le contactent directement. Il n’y a pas de répétition avant un mariage : tout se fait au moment même, dans le feu de l’action. Il n’y a de répétitions qu’avant les festivals ou les grandes fêtes.

Il joue la musique tunisienne, orientale, mais pas folklorique.

La mentalité des jeunes et leurs pratiques et techniques musicales sont différentes. Il y a une dichotomie entre les personnes de cinquante et de vingt ans (même phénomène qu’en France).

Certains musiciens arrivent à vivre de leur musique. Des musiciens professionnels sont professeurs, certains sont fonctionnaires ou commerçants. Lui-même doit un peu travailler pour bien vivre.

Messaoud Imed essaie de composer. Il s’appuie sur les modes tunisiens. Il effectue quelques modulations au cours d’un même morceau (pour une composition, il peut utiliser plusieurs modes différents).

Il exploite les paroles d’un de ses amis poète qui a seulement été au lycée, il perçoit l’écriture comme un don qui ne doit pas s’étudier. Ce poème parle d’amour, d’amitié et de la patrie. Il en possède un autre qui traite de la vie familiale. Il a reçu plusieurs poèmes pour choisir le poème qui lui convient le mieux, il compose accompagné de son luth.

Parfois, il compose la mélodie juste avec le chant, il s’enregistre alors sur un dictaphone et tente de retrouver la mélodie une fois chez lui. Ceci est aisé pour lui, grâce aux restes de la tradition orale. Il est toujours conscient du mode qu’il utilise (il a donc plus de facilité lorsqu’il s’agit de retrouver d’oreille une mélodie qu’il a composé dans le train par exemple et qu’il essaye d’en écrire la partition).