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Le kombucha, bien sûr, le champignon de longue
vie ! Ce champignon originaire de Chine et désormais produit en Californie
fait fureur. Cultivé dans du thé noir sucré, cet organisme, à l'instar d'une
mère de vinaigre, se reproduit indéfiniment en se dédoublant. Consommée tous
les jours, cette tisane serait efficace pour résoudre de nombreux problèmes
de santé. Rapports d'expériences vécues <% ' Le champignon
' Kombucha vous intéresse? Oublié pendant de
longues années, voici ce qu'il est devenu aux Etats-Unis.
En 1992, Tom Valentine journaliste de la revue "Search for Health
Magazine" éditée en Floride publie un article dithyrambique vantant les
propriétés singulières de ce champignon. Celui-ci aiderait l'organisme à
combattre le cancer, le sida, il serait aussi efficace contre la grippe,
l'arthrite, le stress, la fatigue chronique, la constipation, la diarrhée,
l'indigestion, les problèmes de prostate, l'incontinence, les hémorroides,
le syndrome prémenstruel, les symptômes de la ménopause, les maladies de
peau, les rides, l'acné, le psoriasis, l'impuissance sexuelle et de plus
il favoriserait la repousse des cheveux et leur noircissement !
Aujourd'hui ce champignon exotique a colonisé l'Amérique. Toute famille
"new age" de Californie et d'ailleurs en possède au moins un exemplaire
chez elle. Elle le cultive avec amour dans du thé sucré, lui parle, lui
fait écouter de la musique, le fait se reproduire. En effet, les kombuchas
font des bébés tous les dix jours et en trois mois, une "mère" compte de
nombreux descendants. Aussi, on trouve même des fermes à kombuchas qui
vendent les bébés jusqu'à 70 dollars, pièce. Les utilisateurs, eux,
boivent trois fois par jour cette tisane et affirment retrouver vigueur et
accessoirement pour certains, guérir du cancer et du sida. Il paraitrait
que Reagan soignerait le sien grâce à ce divin breuvage. Inquiète de
l'ampleur du phénomène et de la publicité faite aux vertus supposées du
kombucha, la FDA (administration américaine de la santé) s'est intéressée
en mars 1995 à cette boisson et a publié un communiqué expliquant qu'elle
était le résultat de la fermentation de nombreuses levures et bactéries et
qu'elle contenait de grandes quantités d'acides que l'on retrouve
généralement dans le vinaigre et de l'alcool éthylique. Pour la FDA, si la
fermentation se déroule en milieu stérile, le produit n'est pas nocif pour
la santé, aussi des médecins se sont lancés dans des recherches sur les
principes actifs de cette boisson et ont préconisé des cures de ce thé
fermenté à leurs patients cancéreux ou sidéens. En fait de quoi s'agit-il ? Le champignon ressemble à une
crêpe visqueuse d'une
vingtaine de centimètres de diamètre et d'un
centimètre d'épaisseur. Mise en culture dans un saladier de verre
contenant du thé sucré et recouvert d'un linge de coton, la mère se
dédouble naturellement au bout d'une semaine. Pour obtenir cet élixir de
longue vie, il faut respecter un rituel précis dont voici l'essentiel :
Mettez trois litres d'eau
dans une casserolle en Pyrex ou émaillée. Quand l'eau bout, versez entre
150 et 300 grammes de sucre (blanc ou roux). Laissez bouillir 10 minutes
puis enlevez la casserolle du feu. Ajoutez 4 ou 5 sachets de thé noir.
Couvrez et laissez infuser pendant 15 minutes. Enlevez les sachets avec
une cuillère en bois. Laissez reposer le thé jusqu'à ce qu'il soit à la
température ambiante. Une fois refroidi, versez le thé dans un récipient
en verre avec une grande ouverture, puis déposez doucement votre
champignon dans le récipient contenant le thé, le côté lisse vers le haut.
Couvrez le récipient avec de la gaze ou un linge en coton. N'utilisez
surtout pas de couvercle en métal. Laissez pousser le champignon, sans
agitation, pendant 7 jours au moins à température ambiante, éloigné de la
lumière du soleil. Pendant ce temps, il se propagera et formera un autre
champignon. Sa circonférence sera de la même taille que le récipient dans
lequel il cro_t. A la fin des 7 jours, vous aurez 2 champignons, le
premier (la mère) et son double (le bébé). Ils ont l'aspect de crêpes
gris-beige et ils se séparent sans problème. Le liquide dans le récipient
est le thé que vous allez boire. Il a un goût agéable semblable à un cidre
aigre-doux. Filtrez ce liquide et placez le dans des bouteilles en verre.
Conservez cette boisson au réfrigérateur. Chaque matin, à jeun, buvez +
verre (environ 100 ml) de votre thé. Les librairies américaines
sont remplies d'ouvrages sur ce phénomène. Des livres de recette pour
préparer sa propre tisane aux ouvrages pseudo-scientifiques, tous livrent
les origines mystérieuses de ce champignon mandchou vieux de 2000 ans et
retracent son voyage extraordinaire quand passé de génération en
génération en Asie, il finit par atterrir à Hollywood grâce à Tom
Valentine. Devant ce phénomène d'Outre-Atlantique,la
presse s'y est intéressée; ainsi nous avons pu lire dans Le Nouvel
Observateur (Juin 1995), VSD (Juillet 1995), Voici (Juillet 1995),
Avantages (Novembre 1995) plusieurs articles sur le sujet; mais aucun
journaliste ne savait que le kombucha eût son heure de gloire en France
durant les années 50. C'est vrai qu'il portait à cette époque un autre nom
! Retour aux années 1950
Champignon-miracle, champignon de la charité, champignon de longue vie,
champignon chinois ou japonais, Hongo ou Ma-Gu..... et combien d'autres
noms encore désignent ce champignon du thé. Il n'est pas si inconnu que
ça car par moment, tout le monde en parle, comme de la panacée
universelle, puis brusquement il retombe dans l'oubli. Après le Japon et
la Mandchourie où il est cité dans des écrits datant de l'an 221 avant
J.C, il passe aux Indes et en Chine; il arrive ensuite en Europe en trois
vagues succesives. D'abord, de 1913 à 1918, on l'utilise dans les pays
Baltes, en Russie et en Pologne (où la tisane est appelée kwas de thé).
Puis de 1925 à 1930, il appara_t au Danemark, en Allemagne, en
Tchécoslovaquie et en Roumanie. A cette époque, paraissent à son sujet de
nombreux articles scientifiques en particulier de l'Université Allemande
de Prague et en Allemagne surgissent de nombreuses publicités
commerciales. On l'utilise non seulement comme boisson rafra_chissante,
mais aussi comme médicament, sous des noms divers. Après la deuxième guerre
mondiale, ce thé fermenté a été ramené d'Allemagne par les prisonniers de
guerre et il est ainsi apparu en Europe Occidentale (France, Italie,
Espagne et Suisse). Ce champignon fût examiné par
H. Roques, auteur de l'article; il mit en évidence une levure
(Saccharomyces), une bactérie acétique (Acetobacter) et une fausse levure
(Mycoderma vini); il montra ainsi qu'il ne s'agissait pas d'un champignon
supérieur ni d'une mère de vinaigre mais d'une colonie gélatineuse de
champignons microscopiques constituant une association symbiotique. Pour
H. Roques, il ne faisait pas de doute que Acetobacter soit l'agent
essentiel de l'action thérapeutique, il agirait par ses produits
d'élaboration, en particulier les enzymes oxydantes qu'il secrète, de
telles molécules étant susceptibles d'agir dans l'organisme en augmentant
l'élimination des déchets et des toxines. D'après H. Roques, le "hongo"
pouvait être classé parmi le groupe des médicaments appelés dépuratifs,
son usage semblant dépourvu de toxicité. La mode du "hongo" arriva
même en Afrique du Nord francophone où elle suscita la curiosité de
chercheurs car la même année, en 1953, paraissaient dans le Bulletin de la
Société des Sciences Physiques et Naturelles du Maroc, deux articles
signés par M. Chambionnat et G. Zottner concernant le fameux "champignon
japonais". G. Zottner confirme la présence d'un Acetobacter dans la masse
gélatineuse. Il trouve ce vinaigre de thé riche en vitamines et, si pris
modérément, pas dangereux pour la santé. M. Chambionnat procéda à des
analyses chimiques et il y trouva de l'acide acétique, présent aussi dans
le vinaigre, de l'acide lactique (que l'on trouve dans les yaourts ou le
képhyr) et de l'alcool éthylique, il contesta la valeur thérapeutique du
produit, ne voyant un intérêt que dans son apport de vitamines. M.
Chambionnat réfuta surtout la présence d'un antibiotique qui aurait été
actif contre le bacille tuberculeux. Il pensait que l'attribution de
vertus antibiotiques au champignon japonais provenait d'une double
confusion : d'abord le rapprochement du mot champignon avec moisissure
puis avec Penicillium et enfin avec pénicilline, ensuite les travaux de
S.A. Waksman (Prix Nobel de Médecine en 1952) qui cultivait une moisissure
appelée Aspergillus clavatus sur du thé sucré acide pour lui faire
produire de la clavicine qui est un bactéricide puissant. Il est fort
possible que cet antibiotique fût pris à l'époque pour une sécrétion du
champignon japonais. Il existe cependant une vaste littérature
scientifique russe datant de cette même époque (1945-1960) qui traite des
vertus antibiotiques du champignon du thé. Malheureusement, ces résultats
ne sont pas sortis de Russie. En 1959, un article de M.M.
Kraft de l'Université de Lausanne confirme l'engouement suscité par ce
champignon en Europe Occidentale. Cet article nous indique qu'à Bilbao, un
entreprise de produits pharmaceutiques commercialise du champignon, qu'à
Tulle en Corrèze, on fabrique une sorte de "thé-cidre" très apprécié,
enfin qu'à Lausanne, on le trouve en pharmacie. Michel Abadie du Muséum
National d'Histoire Naturelle entreprit au début des années 60 des travaux
dans son Laboratoire de Cryptogamie de Paris, travaux qui portèrent
essentiellement sur l'association des différents microorganismes
constituant le champignon. Un de ses articles paru en 1961 dans les
Annales des Sciences Naturelles et Botanique conclue sur la nécessité de
faciliter 1/2les études d'un pouvoir thérapeutique et antibiotique
actuellement si controversé". Ce fût un des derniers articles
scientifiques en français sur le champignon chinois. Dans les années qui suivirent
(60-80), des articles scientifiques sur le champignon du thé parurent au
Japon, en Corée, aux Philippines et en Chine, ce qui montre que des
chercheurs continuèrent à s'y intéresser et surtout à y chercher des
vertus thérapeutiques, en particulier contre le cancer. Mais l'Europe
Occidentale s'en désintéressa sauf l'Allemagne et la Suisse alémanique où
le Docteur Sklenar développa dans les années 60-70 une thérapie
anti-cancéreuse à partir du champignon du thé qu'il dénommait "kombucha"
(cette méthode thérapeutique fût d'ailleurs contestée en Suisse même). En
ce qui concerne ces deux pays, des entreprises commercialisant du
champignon ainsi que diverses préparations (flacons de thé, extrait
alcoolique, gouttes) se sont développées. On signale quelques travaux
scientifiques sur le champignon du thé à la fin des années 80 en Allemagne
et au début des années 90 au Brésil (où il est utilisé pour soigner des
peaux brûlées). L'ouvrage de référence sur le champignon du thé a été
écrit en 1990 par un Allemand, Günther W. Frank : "Kombucha, la boisson au
champignon de longue vie". Il existe en trois langues (allemand, anglais,
français) et est lu par tous les Américains adeptes de ce champignon. Aujourd'hui, devant
l'engouement des Américains pour ce qui s'appelle maintenant kombucha, des
recherches scientifiques sont entreprises aux Etats-Unis et en France pour
confirmer grâce à des moyens d'analyse modernes la présence de molécules
actives dans la boisson fermentée. L'avenir nous dira ce qu'il en est. Qu'en est-il de l'effet médicinal ? D'après un médecin américain
cité par l'hebdomadaire VSD : "tous les produits fermentés ont tendance à
favoriser les bactéries saines dans les intestins. De plus, les enzymes
sont des catalyseurs biologiques dont on a besoin pour digérer les
aliments, pour dissocier les protéines et les graisses dans le processus
de digestion. Lorsque la digestion de quelqu'un ne fonctionne plus, toutes
les autres fonctions du corps suivent. En fait, les bienfaits du thé,
comme l'énergie, l'amélioration de la peau peuvent être mis sur le compte
d'une meilleure digestion. De plus, quand on retrouve une digestion
normale, le visage se détend, un visage plus détendu, c'est peut-être
moins de rides".
Credits:
Günther W. Frank |
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