Babnet Tunisie
Babnet Tunisie
          Diminuer la taille du texte   Agrandir la taille du texte

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali à l'occasion de la célébration de la fête du travail


Le Président Zine El Abidine Ben Ali a prononcé, au cours d'une cérémonie, organisée, jeudi à l'occasion de la célébration de la fête du travail un discours dont voici le texte intégral :


Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Citoyennes,
Citoyens,

Nous célébrons, aujourd'hui, avec l'ensemble des pays du monde, la Fête du Travail, en hommage renouvelé aux travailleurs, intellectuels et manuels, où qu'ils se trouvent, et pour honorer les valeurs du travail et de l'effort et leur rôle dans l'impulsion du processus de développement et la diffusion du progrès et de la prospérité partout dans notre pays.

Tout en remerciant Monsieur le Secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail pour les nobles sentiments exprimés dans son allocution, je saisis cette occasion pour saluer tous les travailleurs, en leur exprimant ma considération pour l'effort et l'enthousiasme dont ils font preuve dans l'accomplissement de leur travail, saluant le rôle de leur prestigieuse organisation aux côtés de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat et de l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche, pour l'enracinement des traditions d'entente et de dialogue, ce qui a été d'un impact bénéfique sur l'instauration d'un climat de confiance, d'entente et de coopération entre l'ensemble des partenaires sociaux et sur l'amélioration des conditions de travail au sein des entreprises, ainsi que sur l'amélioration de la productivité et la préservation de la qualité des relations professionnelles.

Tout en me réjouissant de voir notre pays saisir chaque année l'occasion offerte par la célébration de la Fête du Travail pour honorer ceux qui se sont distingués par leur dévouement et leur ardeur au travail, je félicite tous les travailleurs, ainsi que les entreprises et les commissions consultatives d'entreprises qui seront honorés dans quelques instants, en leur adressant mes remerciements et mes encouragements et en souhaitant que l'hommage que nous leur rendons aujourd'hui incitera l'ensemble des Tunisiennes et des Tunisiens à redoubler d'efforts, à s'appliquer encore plus au travail, à une époque qui ne fait guère de place à ceux qui s'attardent ou peinent à avancer au rythme de la compétition entre les peuples.

Mes remerciements s'adressent, également, à l'Association internationale de l'inspection du travail, pour m'avoir décerné sa première médaille, ainsi qu'à son Secrétaire général, Monsieur Paul Weber, pour son aimable allocution à l'endroit de la Tunisie et de sa direction politique, lui exprimant ma profonde considération pour l'action louable menée sur la scène internationale par cette Association en faveur de la promotion de la fonction de l'inspection du travail.



Citoyennes,
Citoyens,

Nous persévérons dans la ligne des initiatives que nous avons prises pour préserver les droits des travailleurs, protéger leurs intérêts et améliorer leur pouvoir d'achat. L'année 2007 a été marquée par le paiement de la troisième et dernière tranche du programme triennal d'augmentations des salaires adopté par le précédent round de négociations sociales dans les secteurs public et privé, ce qui a permis d'assurer aux travailleurs et aux fonctionnaires des augmentations salariales annuelles, qui ne se sont jamais interrompues depuis le Changement.

Dans le cadre de notre souci permanent de protéger le pouvoir d'achat des salariés aux revenus modestes, nous annonçons notre décision d'augmenter le salaire minimum garanti dans les secteurs agricole et non agricole. Le gouvernement se chargera de fixer le montant de cette augmentation après concertation avec les organisations professionnelles concernées .

La célébration de la Fête du Travail coïncidant cette année avec le démarrage d'un nouveau round de négociations sociales, nous sommes persuadés que tous les partenaires sont conscients de la période délicate que traverse notre économie nationale du fait de la forte et continuelle augmentation des prix des carburants et des prix des céréales et des matières premières, et de l'impact des unes et des autres sur l'économie nationale.

Nous sommes attachés, en dépit de toutes les difficultés, à maintenir la régularité des rounds de négociations sociales, en comptant sur la détermination de tous les partenaires à faire réussir ce nouveau round de négociations, à l'instar de ceux qui l'ont précédé et à achever les négociations dans les délais impartis.

Les acquis en matière de sécurité sociale réalisés au profit de nos travailleurs et de l'ensemble de notre peuple, toutes catégories sociales confondues, constituent, pour nous tous, un motif de fierté qui nous incite à aller de l'avant pour améliorer le taux de couverture qui a atteint près de 92 % et pour mettre en œuvre les grandes réformes qu'impose l'évolution de la société. Nous poursuivrons l'amélioration du taux de couverture sociale dans le cadre de notre programme Pour la Tunisie de demain, pour le porter à 95 % à la fin de l'année 2009 conformément à l'objectif fixé.

L'année 2007 a été marquée par la mise en œuvre du nouveau système d'assurance-maladie dans le cadre d'une démarche progressive qui nous permettra de consolider nos acquis et de renforcer la capacité du secteur de la santé publique à évoluer et à répondre aux exigences de chaque étape dans le cadre de l'attachement à obtenir la coopération de l'ensemble des parties concernées au niveau national pour assurer la mise à niveau de ce secteur et renforcer son rôle en tant que référence en matière de qualité des prestations préventives et curatives et en matière de formation et de recherche scientifique.

Au moment où nous nous apprêtons à engager, à compter du mois de juillet 2008, la mise en œuvre de la deuxième et dernière phase de cette réforme, nous comptons sur le sens de responsabilité qui caractérise l'ensemble des parties afin que nous puissions adopter les règles prudentielles et une démarche progressive dans l'application de la réforme et dans la fixation des taux de prise en charge des prestations afin d'éviter les dérapages et de préserver les équilibres financiers des systèmes de couverture sociale qui font face à des charges croissantes au niveau des systèmes de retraite et à une augmentation des dépenses à un rythme plus élevé que celui des cotisations.

Le secteur de la santé et de la sécurité professionnelle a bénéficié de toute l'attention qu'il mérite. Cela s'est traduit par la création de structures spécialisées, la mise en place d'incitations et d'encouragements, la réalisation d'études et de recherches ainsi que par le renforcement des campagnes de sensibilisation et de vulgarisation et la consolidation de la culture de prévention. C'est ce qui nous a permis de réaliser des résultats encourageants dans ce domaine, qui résident principalement dans la baisse du taux des accidents du travail et le quadruplement, au cours de la décennie écoulée, du nombre d'entreprises couvertes par des groupements de médecine du travail et des services médicaux d'entreprises.

Dans le cadre de cette même orientation, nous ordonnons de mettre en place un programme national de gestion des risques professionnels, qui sera établi sur la base d'une analyse approfondie de la situation présente et comportera des objectifs, des indicateurs, des mécanismes et des programmes de nature à favoriser la mise en place d'un système plus évolué de santé et de sécurité au travail, offrant un environnement de travail plus sûr et plus sécurisé.


L'amélioration du rendement au travail, la rationalisation de l'organisation du travail et la promotion des ressources humaines constituent une responsabilité collective, qui doit être assumée par les deux partenaires de la production au sein de l'entreprise. L'un et l'autre sont appelés à explorer, continuellement, les méthodes efficaces permettant d'accroître le rythme de production, d'améliorer la productivité et la qualité du produit, de rationaliser la consommation d'énergie et de trouver les solutions appropriées aux difficultés auxquelles l'entreprise pourrait se trouver confrontée. Il est impératif d'œuvrer à renforcer la compétitivité de notre économie, à réaliser notre autosuffisance et notre sécurité alimentaires, à préserver les postes d'emploi et à en créer de nouveaux, conformément aux orientations que nous avions définies dans notre Programme pour la Tunisie de demain et aux objectifs qualitatifs et quantitatifs fixés par le XIe Plan de développement, au premier rang desquels figure le problème de l'emploi.

L'emploi reste toujours ma priorité , parce qu'il constitue un des droits fondamentaux de l'homme et un facteur essentiel pour la dignité de l'individu. Il représente, aujourd'hui, un défi majeur que nous nous employons à gagner, avec toute l'énergie et par tous les moyens dont nous disposons.

Nous avons institué nombre d'encouragements et d'incitations pour stimuler l'emploi dans les divers secteurs. Nous avons diversifié les initiatives pour créer le plus grand nombre possible d'emplois au profit des nouveaux diplômés de l'enseignement supérieur et avons pris un ensemble de mesures pratiques pour développer l'esprit d'initiative et encourager les jeunes à se diriger vers le travail indépendant, ainsi que pour donner au Fonds national de l'emploi 21-21 les moyens d'élargir ses interventions au profit des demandeurs d'emploi. Notre attention s'est portée, également, sur le renforcement des bases et des facteurs de développement dans les régions, que ce soit à travers l'amélioration des infrastructures et l'extension du réseau routier, ou par le biais de la généralisation des établissements universitaires, des instituts supérieurs et des centres de travail à distance. C'est ce qui a contribué à drainer l'investissement, à créer des entreprises et à générer un plus grand nombre d'emplois et de sources de revenu, en particulier dans les gouvernorats prioritaires.

Le programme spécifique destiné à la promotion de l'emploi dans les délégations prioritaires et le programme spécial mis en place au profit des demandeurs d'emploi issus des familles nécessiteuses ont permis de réaliser les objectifs que nous leur avions assignés pour cette étape.

Nous ordonnons, aujourd'hui, de procéder à une évaluation rigoureuse des réalités et des conditions du développement dans les délégations prioritaires et à un diagnostic de la situation dans les délégations qui ont encore besoin de soutien en matière de développement, afin de mettre en place un nouveau programme spécifique adapté à leur réalité et pouvant évoluer parallèlement à l'évolution de leur situation.

Nous comptons, pour gagner le pari de l'emploi, sur la compréhension des partenaires sociaux et sur leur profonde perception des défis de l'étape actuelle. On ne peut, en effet, créer des emplois en l'absence d'une culture bien enracinée du travail et de l'initiative, et sans un fort attachement aux valeurs de la persévérance et de l'effort, en tous lieux et circonstances. Il ne peut non plus y avoir de création d'emplois en l'absence d'entreprises fortement dynamiques dotées d'un taux d'encadrement élevé, d'une haute compétitivité et d'une vraie capacité à accéder aux marchés extérieurs et à s'engager dans les secteurs qui peuvent ouvrir de plus larges perspectives notamment à nos jeunes diplômés de l'enseignement supérieur dans les métiers porteurs auxquels nous allons préparer le terrain au cours de la prochaine étape.

Nous réitérons, à cette occasion, notre appel à toutes les parties concernées, qu'ils soient partis politiques, organisations sociales, compétences spécialisées ou tissu associatif, à participer à la consultation nationale sur l'emploi que nous avions ordonné d'organiser au cours de cette année et qui doit porter sur toutes les questions en rapport avec ce problème.

C'est également dans ce même cadre que s'inscrivent l'intérêt constant que nous portons au secteur de la formation professionnelle et notre souci d'en assurer la mise à niveau et d'en élever le rendement au niveau des standards internationaux, surtout à un moment où notre pays s'apprête à mettre en œuvre de grands projets économiques de nature à contribuer à accélérer le rythme de développement et à offrir de nouvelles opportunités de travail aux demandeurs d'emploi.

Nous avions promulgué la nouvelle loi sur la formation professionnelle afin de répondre aux exigences de cette étape et de tenir compte des recommandations et propositions issues de la consultation nationale sur la formation professionnelle. A travers cette réforme, nous avons l'ambition de porter la capacité d'accueil du dispositif national de formation professionnelle à 160.000 en 2011, et d'élargir le champ de la formation continue de manière à toucher 300.000 bénéficiaires à partir de l'année 2009. Nous avons procédé à une restructuration du système de promotion des ressources humaines, fondée sur une meilleure articulation et une plus grande complémentarité entre les trois secteurs de l'éducation, de la formation professionnelle et de l'enseignement supérieur, d'une manière qui puisse ouvrir des passerelles entre ces secteurs. Nous avons institué un " baccalauréat professionnel" pour offrir davantage d'opportunités de formation aux titulaires de ce diplôme et encourager les entreprises à recruter ceux d'entre eux qui possèdent des qualifications confirmées.

Dans le but d'élargir le réseau des collèges technologiques, nous ordonnons de créer cinquante-six collèges dès la prochaine rentrée scolaire et d'en assurer une bonne répartition afin qu'ils couvrent toutes les régions du pays, et ce, en plus du certificat de qualification dont nous avions ordonné l'institution et qui peut être attribué à tous ceux qui ont suivi une formation adaptée à leurs aptitudes afin de faciliter leur insertion sur le marché du travail. A cela s'ajoute la mise en œuvre du principe “ un diplôme pour chaque apprenant ” destiné à inciter les artisans à acquérir une expertise dans l'exercice des divers métiers en rapport avec l'artisanat et à œuvrer à la promotion de ces métiers.

Nous ordonnons, dans ce cadre, de procéder à la révision de la classification nationale des qualifications et d'accélérer la création d'un observatoire des compétences et des métiers nouveaux et innovants, ce qui devrait permettre d'améliorer l'opération de prospective, d'accompagner les innovations technologiques et de répondre aux besoins de l'économie nationale en compétences et en qualifications.



Citoyennes,
Citoyens,

Nous somme attachés à la promotion de nos ressources humaines, à l'amélioration de leurs aptitudes et à leur mise à niveau en utilisant tous les moyens d'encadrement, d'éducation, et de formation, tant nous sommes convaincus que l'homme est notre capital le plus durable et notre voie la plus sûre vers le progrès, l'invulnérabilité et le bien-être. Nous comptons essentiellement sur la conscience profonde qu'ont nos organisations professionnelles, nos travailleurs et nos entreprises des contraintes de la présente étape et des défis majeurs qu'elle pose. Nous sommes confiants dans l'attachement des Tunisiennes et des Tunisiens à leur patrie et leur dévouement à la servir, à défendre ses intérêts et à enrichir ses acquis, dans le cadre de l'entraide, de la solidarité et de la concorde. C'est ainsi que nous continuerons à aller toujours de l'avant et assurerons à notre processus de développement tous les facteurs de progression et de réussite.

Je vous remercie de votre attention.









Accueil | Contact |
babnet.net © 2000-2008  babnet Feedbabnet Feedbabnet wap babnet sur Google tool bar   Powered byMSM
2739