Babnet Tunisie
Babnet Tunisie
          Diminuer la taille du texte   Agrandir la taille du texte

Tunisie France: ''Les relations tuniso-françaises sont appelées à s’intensifier '' (Ben Ali)


Interview exclusive du Président Ben Ali à La Presse



La Tunisie et la France entretiennent des relations qualifiées, de part et d’autre, d’exemplaires. Quels sont les domaines appelés à bénéficier d’un renforcement et d’un surcroît de diversification ?
Les relations tuniso-françaises sont, en effet, excellentes et privilégiées. La Tunisie et la France ont su développer, au fil des ans, une coopération dense et fructueuse dans tous les domaines politique, économique, social et culturel.
Ces relations de coopération et de partenariat sont appelées à s’intensifier. La Tunisie et la France ont constamment exprimé la volonté commune d’aller de l’avant sur cette voie, dans l’intérêt des deux peuples.
Les mutations multiples et accélérées sur le plan national et international appellent, en effet, une rénovation continue des instruments de coopération, afin de les adapter aux nouvelles priorités des deux pays. La Tunisie a connu des transformations profondes qui l’ont fait passer, en l’espace de deux décennies, du statut de pays en développement à celui de pays émergent, avec des horizons plus étendus offerts à notre coopération. L’environnement, les biotechnologies, la recherche scientifique, les technologies de l’information et de la communication et bien d’autres domaines peuvent faire l’objet d’un partenariat privilégié avec la France.

La Tunisie compte une importante communauté en France qui aspire à une amélioration de ses conditions de séjour. Quels sont les efforts qui pourraient être entrepris dans ce sens ?
Plus d’un demi-million de nos compatriotes résident en France, illustrant le caractère exemplaire des relations tuniso-françaises et les liens profonds qui existent entre les deux pays. Le fait que les Tunisiens et les Français d’origine tunisienne soient nombreux à se distinguer en France dans différents domaines, dans les affaires comme dans la recherche, la médecine, les universités, la création artistique et bien d’autres secteurs, est le symbole d’une bonne intégration.
Nous suivons de près les conditions de séjour et de vie des Tunisiens à l’étranger, et veillons toujours à ce qu’ils jouissent pleinement des droits qui leur sont garantis par la loi dans les pays d’accueil. A ce propos, nous nous félicitons de l’attitude positive des autorités françaises.

L’Union pour la Méditerranée suscite de nombreux commentaires depuis que les pays de l’Union européenne (UE) en ont dessiné les contours, en mars dernier, à Bruxelles. Ce projet reste, de l’avis de certains, assez flou. Quelle est la position de la Tunisie vis-à-vis de ce projet ?
Nous avons soutenu, dès le départ, l’initiative d’union méditerranéenne du Président Nicolas Sarkozy. Nous sommes convaincus que la Méditerranée doit être un espace de paix, de coopération et de solidarité.
C’est la raison pour laquelle la Tunisie a pris une part active à l’élaboration et à la mise en œuvre du processus de Barcelone. Elle a été, en juillet 1995, le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à conclure un accord d’association avec l’Union européenne. Elle est aussi, depuis le début de l’année en cours, le premier pays de la rive sud à entrer dans une zone de libre-échange avec l’Union européenne.
Nous sommes convaincus que toute initiative visant à instaurer des partenariats plus dynamiques entre les deux rives de la Méditerranée ne pourra être que bénéfique pour les peuples de la région. Ceci appelle, néanmoins, à une concertation et à un partenariat effectifs. L’avenir du projet dépend en grande partie de la participation, au même titre, de tous les pays concernés par sa construction. Dans ce domaine, la responsabilité de l’Union européenne est toute particulière. La Tunisie et la France, qui partagent cette même vision, sont déterminées à œuvrer, ensemble, à la réalisation de ce projet.

Le conflit israélo-palestinien reste, sans doute, l’une des préoccupations majeures de la Tunisie et de la France. Que peuvent faire les deux pays ensemble, en vue d’aider à une solution ?
La Tunisie ne ménage aucun effort pour apporter sa contribution au règlement des problèmes internationaux, et en premier lieu celui du Moyen-Orient, et principalement le conflit israélo-palestinien. Notre soutien à la juste cause du peuple palestinien est constant, nous n’avons eu de cesse de la défendre auprès des diverses instances régionales et internationales, et avons constamment appuyé tous les efforts destinés à permettre au peuple palestinien frère de recouvrer ses droits légitimes et de créer un Etat indépendant.
Nous sommes heureux de constater que la France partage avec la Tunisie cette vision d’une paix juste et globale au Moyen-Orient conduisant nécessairement à la création d’un Etat palestinien souverain, corollaire d’une sécurité et d’une stabilité durables pour l’ensemble des peuples de la région. La Tunisie, qui est fortement engagée dans la recherche d’une solution négociée et équitable, dans le respect de la légalité internationale et des résolutions pertinentes des Nations unies, continuera de soutenir toute initiative de paix allant dans le sens de cette démarche.

Dans le cadre d’une approche globale de son développement, la Tunisie place la promotion de ses ressources humaines au centre de sa politique. Quelles sont les perspectives de la coopération entre les deux pays dans ce domaine?
La coopération scientifique et technique constitue l’un des domaines les plus prometteurs de notre partenariat avec la France. Nos deux pays ont déjà signé des conventions dans les domaines de la promotion des ressources humaines et du rapprochement des secteurs académiques. Nous entendons intensifier ces partenariats par divers instruments tels que les écoles doctorales conjointes tuniso-françaises, l’intensification des programmes mixtes dans le secteur de la recherche, ou encore le développement de laboratoires scientifiques associés et de coopération technique entre les instituts de recherche et les pôles technologiques des deux pays.

Comment envisagez-vous la contribution de la Tunisie et de la France au renforcement du dialogue entre les civilisations et les cultures ?
Le dialogue entre les civilisations et les cultures auquel nous appelons sans cesse constitue l’un des fondements de notre politique extérieure. Il procède de notre foi en le dialogue comme outil de règlement pacifique des différends et de notre conviction profonde que la paix et le développement ne peuvent être assurés dans un contexte conflictuel entre les civilisations.
C’est la raison pour laquelle la Tunisie a multiplié les initiatives au sein des différentes instances régionales et internationales, afin de faire de la tolérance et du dialogue entre les cultures et les civilisations le fondement de nouvelles relations internationales, plus solidaires et débarrassées des incompréhensions et malentendus cultivés ici et là. L’héritage culturel fondé sur ces valeurs en Tunisie et en France est un facteur qui privilégie l’effort commun sur la scène internationale pour promouvoir ces idéaux.

Face aux graves retombées négatives que peut engendrer, dans les pays du Sud, la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires, quelles sont les initiatives que devrait envisager la communauté internationale pour y remédier ?
Effectivement, les retombées sont graves sur les économies des pays du Sud. La communauté internationale devrait trouver dans les retombées négatives de cette flambée une motivation supplémentaire pour faire prévaloir la solidarité comme devoir moral et responsabilité collective. Sans la solidarité, les écarts de développement continueront à se creuser entre le Nord et le Sud, ce qui ne pourra, à terme, que rejaillir sur l’ensemble de la communauté internationale. Il nous faut développer des mécanismes de solidarité allant au-delà des aides classiques aux pays pauvres; ces aides ayant montré leurs limites dans l’instauration d’un réel partenariat bénéfique aussi bien pour le Nord que pour le Sud. C’est précisément dans ce but que nous avions préconisé la création d’un Fonds mondial de solidarité en tant qu’instrument de lutte contre la pauvreté et la marginalisation. Le moment est venu pour chacun de nos Etats de contribuer à ce Fonds afin qu’il puisse démarrer et offrir, ce faisant, de nouvelles perspectives de développement aux régions défavorisées du sud de la planète.
Je profite de cette occasion pour féliciter le Président Nicolas Sarkozy qui a annoncé récemment un soutien financier important en faveur de l’agriculture des pays du Sud. Plus que jamais, la solidarité et le codéveloppement doivent pouvoir régir les relations internationales.





Accueil | Contact |
babnet.net © 2000-2008  babnet Feedbabnet Feedbabnet wap babnet sur Google tool bar   Powered byMSM
2936