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Société

Tunisie: Les pharmacies hospitalo-universitaires - un secteur en pleine souffrance

Lundi 11 Juin 2012
Habituellement, on parle dun secteur en pleine volution ou en pleine croissance mais le terme de souffrance est, certes, le terme le plus appropri qui caractrise la situation que sont en train dendurer les pharmaciens hospitalo-universitaires devant le dclassement des pharmacies de certains centres hospitalo-universitaires tels que La Rabta et Le centre des brls de Ben Arous.

(www.sante-tn.com)


Ces pharmacies sont ainsi ramenes de lchelon universitaire celui de sanitaire, cest ce qui dfinit le dclassement de ces structures.
Lquipe de sante-tn a, pour la cause, contact Mme Souad Sfar, la doyenne de la facult de pharmacie de Monastir qui a accept de nous fournir de plus amples dtails concernant ce sujet.

Mme S.S a commenc par expliquer les progrs raliss depuis plus dune dizaine dannes dans la formation des pharmaciens en disant Depuis 1999, la Facult de Pharmacie de Monastir sest donne pour mission dtablir une rforme de spcialisation : ct de la biologie mdicale une nouvelle filire a vu le jour, il sagit de la pharmacie industrielle et hospitalire(PHI). Une spcialisation qui, bien entendu, rpond dans le secteur hospitalo-universitaire au cursus : rsidanat, assistanat et agrgation. Le premier concours de rsidanat en pharmacie sous sa nouvelle forme a eu lieu en dcembre 2000.
La pharmacie industrielle et hospitalire a pour principal objectif le dveloppement et la promotion de la pharmacie de lhpital. Car jusqu une rcente priode, le pharmacien a toujours eu grer et dlivrer les mdicaments sans pour autant tre impliqu dans la prise en charge du patient alors quen ralit, ce pharmacien constitue un maillon fort et indispensable dans cette prise en charge.

Pa consquent, parmi les activits quil tait ncessaire et urgent de dvelopper, le concept de pharmacie clinique en tait le premier. Le pharmacien se devait dtre plus actif, plus prsent, plus proche de lquipe de soins et du patient et davoir un regard sur le traitement.
Le pharmacien clinicien permettrait, en outre, de rationaliser le circuit du mdicament et dviter les pertes inestimables de produits mdicamenteux dans les services cliniques. Il a, galement, comme tche de reconstituer les mdicaments pour viter le risque de survenue derreurs mdicamenteuses et diatrognicit. Notre but repose sur un principe :
Le bon mdicament avec le bon dosage pour le bon patient et au bon moment .
Mme S.S a galement prcis quen dehors de la pharmacie clinique, dautres activits taient en cours daccroissement comme la strilisation, qui doit tre une fonction propre aux pharmaciens, lalimentation parentrale ainsi que le contrle de la qualit de leau lhpital
Et Mme S.S dajouter que Pour atteindre ces objectifs, il fallait donc sorienter pour la formation de pharmaciens spcialistes. Effectivement, cette ide avait commenc prendre forme partir de 2006 avec le premier concours dassistanat en PHI ct de cela beaucoup de confrres hospitaliers y avaient adhr et ont pu accder au titre de pharmaciens spcialistes avec le soutien de la facult qui leur a permis de bnficier de stages ltranger et de formations diplmantes
Nos rsidents en pharmacie avaient t troitement encadrs par nos confrres hospitaliers.
Ceci dit, dans les centres hospitalo-universitaires, les pharmaciens dits, hospitalo-sanitaires et nayant pas de grade universitaire (assistant ou agrg), continuent dexercer. Il fallait donc trouver la bonne formule pour permettre ces pharmaciens de continuer voluer et intgrer la carrire hospitalo-universitaire. Le dcret de 2005 organisant les carrires pharmaceutiques hospitalo-universitaires prvoit des mesures transitoires permettant aux hospitalo-sanitaires daccder au grade dassistants hospitalo-universitaires mais seuls les pharmaciens militaires avaient bnfici de ces mesures.
En 2009 et aprs concertation avec les confrres hospitalo-sanitaires, la facult a prsent un projet modifiant le dcret de 2005 au niveau des mesures transitoires permettant aux pharmaciens de la sant publique de se prsenter au concours dagrgation mais cette proposition a t bloque par le ministre de la sant qui sest oppos cette ractualisation en avanant comme argument, limpossibilit dintroduire de nouvelles mesures transitoires, 4 ans aprs la parution du texte .
Mme S.S a ajout quen 2011 et 2012, on a encore une fois pos le problme avec les ministres de la sant publique car a urgeait de trouver une solution pour les pharmaciens hospitalo-sanitaires chefs de service par intrim des pharmacies des centres hospitalo-universitaires devant la progression, lvolution et le nombre croissant, quoique encore limit, des pharmaciens hospitalo-universitaires. Une solution imminente et radicale devenait imprative dautant plus que certains pharmaciens de la sant publique mritaient de passer le concours dagrgation.
Mais la surprise tait de taille quant on avait appris le dclassement de certaines pharmacies afin que les pharmaciens hospitalo-sanitaires qui y travaillent deviennent lgalement chefs de service .
En se tournant vers le ministre de la sant en vue dexplications pour cette situation qualifie d aberrante , Mme S.S a rapport quon lui a rpondu que ctait des mesures transitoires pour permettre la nomination officielle de ces chefs de service et quun reclassement est prvu par la suite.
Quen est-il du statut des assistants hospitalo-universitaires qui travaillent dans ces pharmacies ?
Pourquoi prfre-t-on tirer vers le bas et rtrograder le niveau de la pharmacie hospitalire en Tunisie alors quon a la chance davoir du personnel prt combattre pour avancer et progresser ? (Hospitalo-sanitaires et hospitalo-universitaires)
Pourquoi opte-t-on toujours pour des dnouements transitoires, de courte dure et jamais pour des solutions radicales et fondamentales ?
Autant de questions, jusque l sans rponses, que le corps pharmaceutique universitaire en colre et perplexe se pose. Dailleurs, Mme la doyenne de la facult de pharmacie de Monastir nous a dit quelle attend toujours la rponse du ministre de la sant en vue dun dialogue quelle espre fructueux et productif.
Il est bien connu que les professionnels de la sant sont rputs pour tre endurants, calmes et patients mais jusquo irait cette patience

Entretien conduit par E.K.L





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