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Tunisie: Cit Ettadhamen, dualisme entre dlinquance et fondamentalisme religieux, sur fond de prcarit



Mardi 26 Juin 2012
babnet.net
La cit 'Ettadhamen' o vivent plus de 100 mille habitants, une des plus fortes concentration dmographique du pays, interpelle la conscience politique et sociale et rveille un souci d'investigation pour tenter d'expliquer des paradoxes dans ce 'hay', (cit) o cohabitent deux antonymes, la dlinquance et le fondamentalisme religieux.

Situ l'Ouest, dans le gouvernorat de l'Ariana, la cit 'Ettadhamen', littralement solidarit, semble avoir mis de ct cette valeur morale pour glisser, parfois dangereusement, soit vers la prdication religieuse ou la dlinquance.

Les jeunes reprsentent la majorit de la population dans cette cit en perptuel mouvement de jour comme de nuit.

Les familles sont originaires d'une manire gnrale du Nord-Ouest et illustrent parfaitement le phnomne de l'exode rural.


Au del des chiffres qui indiquent que cette cit compte sept lyces secondaires, deux centres privs de formation professionnelles, 36 units industrielles, 26 entreprises de textile, trois units de production lectromcaniques, les signes extrieurs et intrieurs de la pauvret sautent aux yeux dans cette agglomration situe la priphrie de la capitale.

Selon le jeune Aymen Atfi, jeune diplm en philosophie, Le point de dpart de la mutation socio-politique s'est opre le 11 janvier 2011 aprs les premiers coups de feu tirs sur les jeunes manifestants de la cit Ettadhamen en pleine rvolte qui ont alors dcrts la rvolte de la cit marginalise. Ds lors, a-t-il ajout, les jeunes ont mis leurs vocations jour, sans peur ni discrtion.

Ce jeune, au chmage depuis sept ans, a expliqu que le chemin qui conduit les jeunes vers les circuits de la drogue est des plus aiss, compte tenu de l'tat de dception et d'affliction qui habite la jeunesse de la cit. De surcrot, a-t-il, prcis, ces jeunes n'hsitent pas lgitimer leurs actes qui constituent, selon eux, une alternative au chmage.

Les habitants de la zone de Jebal Ammar, situe aux frontires nord de la cit et qui constitue l'exemple type des habitations anarchiques, se plaignent des conditions de vie rudes et difficiles.

Ils vivent dans un tat de pauvret trs visible et un climat social malsain, l'insalubrit complte le sombre tableau de leur cadre de vie.

Un habitant de la cit originaire de Jendouba, fait remarquer l'absence d'activits conomiques structures Ettadhamen.

''Ce qui m'oblige recourir au commerce parallle notamment la vente de cigarettes de contrebande ou travailler pour les rseaux d'immigration clandestine vers l'Italie'' a-t-il indiqu, prcisant qu'il pense cela est lgitime face l'incessante dgradation de sa situation sociale, d'autant plus qu'il n'est pas diplm et qu'il a des antcdents judiciaires ce qui ne favorise pas son insertion professionnelle.

''Je ne suis pas le seul dans ce cas, a-t-il insist, beaucoup n'ont pas hsit franchir le rubicond et s'adonner divers trafics pour gagner leur vie'', a-t-il affirm, soulignant que ''beaucoup parmi des jeunes ont opt pour une aute voie et trouv dans la foi une solution pour se ranger et donner un sens leur vie''.

De l'autre ct de la Cit, se sont dresses des tentes sur lesquelles ont peut lire des inscriptions comme "Vous bienfaiteur, vous tes le bienvenu", "Nous sommes les hommes du Bien", "l'islam est le voie du Salut", "nos anctres sont notre modle".

Ces tentes sont installes l'initiative des jeunes fondamentalistes qui estiment que l'objectif est de diffuser les prceptes de l'Islam et le rhabiliter dans la socit aprs des annes de marginalisation sous l'ancien rgime.

Ahmed Charni (27 ans) a soulign qu'il a trouv son salut personnel dans l'Islam et le retour aux sources, indiquant que sa participation ces tentes organises par les associations religieuses, notamment "Association des adeptes de la Chariaa" est une tentative de rconciliation avec la foi religieuse et constitue une expression du repentir aprs des annes d'errements et de dviance.

L'objectif de ces tentes tant de dfendre la religion islamique qui a t vide de sa substance , a-t-il soutenu, soulignant que la rvolution constitue un moment dcisif pour renouer avec les prceptes de la religion islamique en Tunisie .

De son ct, Abdelmajid Kahlaoui (55 ans), en charge de ces tentes dans le quartier "Ettadhamen", a indiqu que ces tentes ont eu un cho favorable auprs des habitants du quartier, prcisant que les gens ont trouv dans l'Islam la seule solution pour retrouver leurs repres et ressentir l'quilibre spirituel et la srnit.

Pour d'autres jeunes au chmage ou qui ont connu la prison, le retour au sacr et la religion, travers la prdication et le prche, leur permet de retrouver un statut social qu'il n'ont jamais eu.

Interrog sur l'obligation de demander une permission pour l'organisation de ces tentes, M.Kahlaoui a rpondu qu'il est inconcevable de demander une permission pour "diffuser les prceptes de l'Islam".

Evoquant la polarisation qui prvaut dans la Cit "Ettadhamen", Abdessatar Sahbani, professeur s psychologie sociale la facult des sciences humaines de Tunis, a fait tat d'un clivage entre les jeunes "fondamentalistes" et "les jeunes dlinquants", prcisant qu'il s'agit d'un phnomne quasi-universel propres aux habitants des quartiers pri-urbains.

Gnralement la prsence de l'Etat dans ces quartiers est "faible", a-t-il affirm, ce qui laisse entrevoir l'mergence d'une nouvelle forme de rgulation sociale, extra-tatique qui a une impact ngatif d'obissance et le respect la Loi.

L'incapacit de l'Etat appliquer la loi au sein de ces Cits ne peut qu'accentuer les flaux de la dlinquance et de l'extrmisme, a-t-il soutenu, indiquant que cette situation existe un peu partout dans le monde.

L'chec des politiques de dveloppement local a fait que ces quartiers populaires soient un "terrain fertile" pour la monte de ces deux phnomnes.

Il a prcis que la politique rigide et intolrante adopte par l'Etat durant des dcennies avec le recours la seule approche scuritaire pour lutter contre le "fondamentalisme religieux", a favoris la monte de ces phnomnes.

Ces groupes oeuvrent dans le cadre d'un" systme de rseaux" et dans des structures infra-tatiques, a-t-il affirm, prcisant que les quartiers qui gnrent la pauvret, le manque de qualification professionnelle sont par excellence des terrains fertiles pour ce type comportement qui vire trs vite l'extrmiste.

En dpit des tentatives du journaliste de l'Agence TAP de contacter le directeur du dveloppement rgional dans le gouvernorat de l'Ariana, afin d'avoir plus de dtails sur les programmes de dveloppement consacrs la Cit au titre du budget complmentaire de l'anne 2012, celui-ci a refus de fournir des informations sur la question.






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Om Kalthoum   Enta Omri





1 de 1 commentaires pour l'article 51186

HORRA  (Tunisia)  |Mardi 26 Juin 2012 à 14h 33m||           
Pauvret et besoins l'origine de l'une et de l'autre.



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